17.2.10

peter downsbrough






peter downsbrough
né en 1940
interventions discrètes en espace urbain
notion de position et de cadrage
espaces structurés
vocabulaire plastique épuré
jeu sur la lisibilité du mot
simplicité et dénuement

[TILL
livre d'artiste
maquette de dowsbrough
travail sur l'epace du livre et le langage


12.2.10

vu sur rue89 : une artiste censurée par pression politique

je ne ferai aucun commentaires, je ne voudrais pas me faire embarquer par la police

Quatre mots qui dérangent : travailler, gagner, plus, moins. L'installation de l'artiste chinoise Ko Siu Lan, dont le vernissage était programmé vendredi, a été démontée quelques heures après leur affichage sur la façade de l'École des Beaux- Arts, quai Malaquais. « Censure politique », dénonce l'artiste.

« Un week-end de sept jours », une exposition collective à la connotation délibérément utopique, devait présenter du 13 au 21 février des œuvres d'étudiants du Royal College of Art de Londres, et de Lasalle College of the Arts de Singapour.

Ko Siu Lan, qui connaît bien les Beaux-Arts de Paris pour y avoir passé deux ans en résidence, avait imaginé deux bannières réversibles de 7 mètres de haut sur 1,2 m de large, visibles depuis les quais de la Seine et incluant simplement quatre mots. Selon le chemin que l'on empruntait, on pouvait lire les mots ci-dessous.



* Gagner Plus Travailler Moins
* Travailler Plus Gagner Moins
* Travailler Moins Gagner Moins
* Travailler Plus Gagner Plus
* Plus Gagner Plus Travailler
* Moins Gagner Plus Travailler
* Moins Travailler Moins Gagner
* Plus Travailler Plus Gagner
* Plus Gagner Moins Travailler
* Plus Travailler Moins Gagner

L'artiste explique avoir cherché à évoquer « à la fois la question du travail et de la propagande, dans un esprit universel » et s'être « bien sûr inspirée du slogan du candidat Sarkozy. »
Œuvre dérangeante vis-à-vis des ministères ?

Mercredi à 10h30, comme prévu, les bannières ont été montées sur la façade située à deux pas de l'actuelle résidence de Jacques Chirac, quai Voltaire. Mais dans l'après-midi, elles ont été retirées alors que l'artiste n'a été officiellement avertie que par un mail reçu dans la soirée de sa commissaire d'exposition, Clare Carolin, du Royal College of Art de Londres.

« Le pire est que tout était calé depuis un an, le catalogue imprimé, ils n'ont pas découvert ça hier ».

D'après les informations que nous avons recueillies, la direction de l'école aurait jugé cette œuvre trop dérangeante et aurait argué qu'elle avait choqué certains membres du personnel de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts et du ministère de l'Éducation.

Le directeur aurait ajouté que la période était particulièrement sensible alors que l'école était en train de renouveler sa convention de financement avec les ministères.

À la commissaire d'exposition Clare Carolin, on a simplement proposé de rapatrier les bannières à l'intérieur de l'école, mais elle ne pouvait prendre une telle décision sans prévenir l'artiste. Elle n'a pas eu le temps de le faire puisque lorsqu'elle est sortie de la réunion, l'œuvre était déjà démontée.
« Le climat conservateur de la France de Sarkozy »

On imagine que pour une Chinoise, même élevée à Hong-Kong, une telle censure au pays des droits de l'homme soit à peine croyable. Ko Siu Lan :

« Je trouve dur de découvrir que cette forme de censure brutale puisse se produire en France. Il n'y a même pas de place pour la discussion, tout se passe dans mon dos et celui de la commissaire. Encore plus dur que cela se produise dans la plus ancienne école d'art française, où l'on est supposé encourager l'expression la plus libre des artistes.

Dur de croire encore que les enjeux économiques et politiques l'emportent sur toute autre préoccupation. Cela montre à mes yeux dans quel climat conservateur est tombée la France de Sarkozy, et à quel point celui-ci fait peur.

Je demande que mon travail soit remis sur la façade et que l'école donne une explication officielle à cette censure et s'excuse. Je réfléchis aussi à une éventuelle action judiciaire. »

« Atteinte à la neutralité du service public »

L'Ecole des Beaux-arts de Paris, dans un communiqué, a déclaré que l'artiste avait accroché son oeuvre à l'extérieur « sans que la direction de l'établissement en soit informée » :

« Sans titre, sans nom d'auteur, sans mention relative à l'exposition, le caractère de l'oeuvre se réfère explicitement à un contexte politique. Son auteur a souhaité, par la présentation sur la voie publique, utiliser spectaculairement comme médiation de son message un bâtiment de l'Etat voué à l'enseignement », a poursuivi l'école.

La direction de l'école a considéré que « cette présentation non concertée de l'oeuvre, sans explicitation à l'attention du public, pouvait constituer une atteinte à la neutralité du service public et instrumentaliser l'établissement », selon le communiqué.

En réaction, Ko Siu Lan invite tous ceux qui la soutiennent à venir ce vendredi devant l'école, à l'heure du vernissage (vers 18h) :

« Apportez avec vous deux bannières, imprimez-les au format que vous voulez, et faites votre propre version de ces bannières avec les 4 mots : Gagner, Travailler, Moins, Plus (en les collant dos-à-dos). Nous aurons une mer de bannières dehors, dedans, dessus, dessous les Beaux-arts.

8.2.10

dziga, l'homme-caméra



teaser animé réalisé pour le festival du film de vendôme en décembre 2009

20.1.10

la maison des feuilles



en ce moment je lis le roman la maison des feuilles de mark z danielewski
roman étrange qui multiplie les narrations et enchâsse des récits les uns dans les autres
une particularité intéressante, ce roman joue avec l'espace-même de la page et du livre, change de police suivant les niveaux de narration (la courrier pour errand, la times pour zampano...)
par ailleurs, le mot "maison", concept central de ce roman, est systématiquement écrit en bleu, ce qui renforce son importance et rythme la lecture

un petit résumé de l'histoire :

la maison des feuilles débute avec un narrateur à la première personne : johnny errand, employé dans un magasin de tatouage de los Angeles

un soir, errand reçoit un coup de fil de son ami lude lui enjoignant de le rejoindre afin de visiter l'appartement d'un vieil aveugle nommé zampano, récemment décédé

dans l'appartement de zampano, errand découvre un manuscrit écrit par celui-ci qui se trouve être une étude académique d'un film documentaire, sorte de home-movie, appelé the navidson record

si on en croit zampano, ce film raconte l'étrange histoire de la famille navidson ayant emménagée dans une maison plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur

le film est réalisé par le propriétaire même de cette maison, will navidson

le reste du roman alterne entre le rapport de zampano sur le film, et les interjections biographiques de johnny, incluses dans les notes que ce dernier écrit sur le manuscrit

il y a aussi de brèves notes d'éditeurs non identifiés, ainsi que certaines du traducteur (dans la version française)

17.1.10

la rue M.../blancs et répétitions







"ce qui importe n'est pas de lire mais de relire" (Borges)

la couleur comme révélateur de répétitions
présence/absence du texte

15.12.09

hubert renard²

hubert renard et hubert renard
hubert renard ou hubert renard

d'une part nous avons hubert renard, célèbre artiste né vraisemblablement dans les années 1940, qui commence sa carrière en 1971
sculptures, installations, photographies... hubert renard expose ses oeuvres partout dans le monde
tour à tour néo-dada, conceptuel, néo-géo ou post-moderne, il surfe sur les grandes tendances de l'art contemporain de ces trente dernières années
pas particulièrement novateur ou original, son oeuvre est, à chaque fois, dans l'air du temps, il y a un air de déja-vu mais juste ce qu'il faut
il est soutenu par le mécène rosario almara et le critique d'art alain farfall

étrange
je ne trouve rien sur eux en tapant leurs noms sur google

et puis il y a hubert renard, artiste né en 1965, diplômé des beaux-arts de lyon en 1989
son oeuvre se caractérise par des livres d'artiste prenant la forme de catalogues d'expositions
expositions fictives d'oeuvres fictives d'un artiste contemporain nommé hubert renard qui aurait commencé son oeuvre en 1971
réappropriation des codes de médiatisation d'une oeuvre
joue avec le constat suivant : on connait la majorité de l'oeuvre d'un artiste uniquement par la reproduction de ses oeuvres dans des livres, des catalogues ou internet
les pseudo-oeuvres d'hubert renard (sculptures, installations...) et leurs lieux d'exposition ne sont que des maquettes à l'échelle 1/20e, photographiés de telle sorte que rien ne peut nous révéler la supercherie
la fiction est ici un outil qui permet une distanciation critique et ironique des mouvances de l'art contemporain et de leur restitution sur divers supports

et si il y avait un autre hubert renard qui inventait un hubert renard réalisant de faux catalogue d'exposition ?

au fait, quelqu'un a-t-il déjà vu ses papiers d'identité ?

10.12.09

projets fictifs ou inachevés de roland sabatier



le film (n') est (plus qu') un souvenir
1975

dans son travail sur l'anti-film (ou le cinéma détruit comme autre forme de cinéma) sabatier propose "le film (n') est (plus qu') un souvenir", une oeuvre qui conduit l'anéantissement filmique vers ses limites les plus extrêmes en renonçant à toute forme de projection, la remplaçant par la présentation déabusée d'objets en rapport avec le cinéma (photographies, affiches, matériel de tournage...)
les photos et affiches renvoient au tournage d'un film qui n'a jamais existé (souvenirs fictifs d'un film fictif)
la fiction est ici un outil de mise en doute du cinéma

regrets
1978

ici le film est réduit à la présentation dans un porte-documents d'un ensemble de projets de film que l'auteur n'a jamais eu le temps de concrétiser
dépassant le simple anéantissement, il propose aux spectateurs, à partir des documents mis à leur disposition, d'imaginer leurs propres films
les projets inachevés de sabatier sont donc ici un tremplin pour des élaborations cinématographiques purement mentales, propres à chacun

"oeuvres" d'édouard levé peut tout à fait faire écho à "regrets" de sabatier, ainsi qu'à d'autres réalisations du même artiste qui à constamment mis en doute son propre travail depuis la fin des années 1960, remplaçant parfois l'oeuvre à proprement parlée par une description orale et minutieuse des éléments qui auraient pu/dû être présents

roland sabatier
né en 1942
plasticien, poète, cinéaste
membre du mouvement lettriste depuis 1963